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Retraite d'écriture

Organiser une retraite d’écriture

Après les péripéties du mois de juin au cours duquel j’ai mis l’accent sur la rencontre avec le public, la tenue de conférences et le fait d’être visible, j’enchaine sur un mois de juillet plus introspectif, axé sur la rédaction du deuxième tome « Blooming Companies, précis de botanique à l’usage des entreprises florissantes ». Pour ce faire, j’ai organisé un enchainement de retraites d’écriture.

  1. Choisir un lieu inspirant pour sa retraite d’écriture.

Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans un petit café aux confortables banquettes oranges, sur le port de la Trinité sur mer. La proximité de l’océan, le va-et-vient des touristes, des bateaux, le bruit de la mer en arrière fond. Voilà une atmosphère qui me convient à merveille.

Lors de ma dernière retraite d’écriture, fin juin, c’est la ville de La Chaux-De-Fonds qui avait retenu ma faveur. Son architecture surprenante, la perpective de louer un appartement spacieux pour un prix raisonnable nous avaient influencées dans notre choix (je n’y était pas seule).

En ce qui me concerne, sortir de mon cadre habituel est un excellent levier de travail. Un cadre inconnu crée une sorte d’état de vigilance, de dynamisme que je trouve propice à l’écriture.

  1. Retraite d’écriture en solitaire ou pas.

Aujourd’hui je suis seule. A la Chaux-de-Fonds j’étais avec Julia, une amie qui a eu le courage inoui de reprendre des études après 40 ans tout en étant maman de jumeaux.

Les deux formules ont leurs avantages. Rodée au rythme de vie estudiantin et avec pour aiguillon la perspective des examens, Julia a une capacité de concentration nettement plus longue et dense que la mienne. Comme « le lièvre » en course à pied, elle me « tirait » sur des périodes de travail prolongées.

Seule, c’est différent. Je suis en constante négociation avec moi-même. Cela demande pas mal de recul, une posture presque méditative pour « laisser glisser » tous ces bavardages interieurs sans s’y attarder. A la fin de la journée, ce qui comptera, c’est ce qui aura été fait.

Je sais qu’il existe également des retraites d’écriture collectives. Je n’ai pas encore testé la formule.

  1. S’extraire des contingences.

Jusqu’ici, les durées de mes retraites d’écriture sont limitées à 3 jours. C’est un peu la durée raisonnablement gérable dans l’écosystème familial.

Julia et moi sommes toutes deux mamans mais nous avion pu nous extraire de nos familles (grâce au soutien de nos moitiés) le temps de notre retraite. Aujourd’hui, mon mari est en Suisse et me rejoindra dans quelques jours (en tant que salarié, il a n’a pas la même liberté de mouvement), mes enfants sont auprès de leurs grands-parents.

Nous sommes en début d’été, mes entreprises tournent au ralenti, je n’ai pas besoin de plus d’une heure par jour pour régler les affaires courantes. Le champ est libre pour écrire.

  1. Prévoir toutes les éventualités de créativité.

Libérée, la créativité est une muse imprévisible. Dans le passé, il m’est arrivé plusieurs fois de partir avec un programme trop précis et de revenir déçue. Aujourd’hui, je laisse la porte ouverte à l’imprévu. Je suis venue avec mon ordinateur pour rédiger billets de blog ou parties du livre ou prendre contact avec des personnes que je souhaite interviewer ou monter des vidéos ou des podcast (non je ne les diffuse pas encore mais je m’entraine)

J’ai aussi de grandes feuilles de papiers, des crayons de toutes les couleurs, la caméra de l’iPhone et un micro cravate si par hasard me venait l’audace de parler face caméra. J’ai des carnets pour poser à plat les futures étapes de développement de mes projets. Parfois ma muse m’inspire du contenu, parfois elle m’inspire des processus, parfois elle dessine des étapes de croissance, des manières d’organiser les choses.

J’ai encore des livres de référence qui m’inspirent et que je parcours le soir, vers 18h, assise à la terrasse d’un café au bord de l’eau. Ces jours, j’ai le nez plongé dans le magnifique « l’économie symbiotique » de Isabelle Delannoy.

  1. Troquer sa « to-do list » contre une « done list ».

L’expérience m’a appris à renoncer à ma to-do list. Mais je vous dois une confidence : chaque fois que je débute une retraite d’écriture, j’ai dans mes valises une liste de « choses à faire ». Et chaque fois, à la fin de la première journée, je la range en souriant. Désormais je lui préfère une « Done list », la liste de ce qui a été fait. Et il n’y figure pas que des « tâches » en lien avec la rédaction du livre. Voici ma liste d’hier

  • 10h de sommeil (oui, oui, mon cerveau réimprime toujours son disque dur…)
  • Organisé les 4 prochaines grandes étapes de développement de Blooming Companies.
  • Identifié les ressources dont je vais avoir besoin pour mener à bien ces étapes.
  • Discuté par téléphone avec une journaliste de la RTS au sujet du livre « Blooming People ». Possible interview dans le courant de l’été.
  • Rédigé 4 pages du futur livre Blooming Companies
  • Marché 2 heures
  • Nagé 30 minutes
  • Lu 20 pages de « L’économie Symbiotique »
  • Rencontré Charlotte, la fille du logeur, herboriste à Belle-île, qui est fâchée avec l’argent et voudrait donner ses herbes gratuitement, au risque de ne pas en vivre.
  • Ecouté avec malice la conversation de quatre retraitées (paysage de portager traditionnel) à côté de moi se demandant si elles auraient aimé vivre la vie de Claire Chazal (Paysage de Guilde) ou pas.

Si je m’étais tenue à ma « to-do » liste, je serais infiniment déçue de moi-même car UN des objectifs était d’écrire 10 pages par jour (plus les billets de blog, plus, plus, plus, plus…)

  1. Se régénérer physiquement.

Même si je m’efforce d’y rester attentive et de lui offrir des moments de liberté, je dois bien reconnaître que le métier de rédactrice n’est pas intrinsèquement propice au mouvement. Recroquevillé pendant le sommeil, recroquevillé devant l’écran pendant les périodes d’écriture, recroquevillé assis dans un train ou dans une voiture pendant les déplacements…

J’ai toujours cru qu’avoir un corps recroquevillé sur lui-même conduisait à une perception du monde également recroquevillée sur elle-même. Lors d’une retraite d’écriture, je prends le temps d’ouvrir, d’exposer (au vent, à la pluie, au soleil), de bouger, de prendre soin.

En retraite d’écriture, je n’ai pas à négocier le contenu de mon assiette avec les personnes avec qui je partage ma vie. Si un plat d’huitres me fait de l’œil ou si je ressens l’appel des courgettes, je peux y aller. C’est d’ailleurs un exercice étonnant que de rechercher à ressentir ce dont on a envie. Au début on recherche une émotion, une sensation mais rapidement, il semble que le corps « recrute » les aliments selon ses besoins. Le salé s’invite au petit déjeuner, les repas s’organisent par couleurs. Etonnant.

  1. Alterner les lieux.

J’organise ma journée autour de parcours pour alterner les lieux de travail. Tous les matins, c’est le petit café sur le port avec le Wifi. Puis je vais « couper la connexion » pour le reste de la journée. Les marches en nature me ressourcent beaucoup. J’aime marcher à l’ombre des arbres aux moments les plus chauds de la journée, pendant que l’ordi se recharge. L’après-midi, c’est installée dans le jardin du logeur que je rédige. En début de soirée, la lumière sur l’eau est magnifique. J’ai remarqué que je change spontanément d’activité toutes les deux heures. Et c’est souvent l’occasion d’un changement de lieu. Chaque lieu est propice à un type d’exercice différent.

  1. Accueillir son imposteur.

Lors d’une retrtaite d’écriture, on pourrait croire qu’il s’agit juste d’écrire, de «dérouler » le récit, d’exécuter. Mais en pratique, on fait parfois de drôles de rencontres.

En arrivant, j’ai rencontré mon imposteur. Une partie de moi qui ne veut pas écrire le livre « Blooming Companies, précis de botanique à l’usage des entreprises florissantes ». Une bride intérieure qui me détourne de la tâche, qui « met les bâtons dans les roues ». Dans la vie de tous les jours, l’imposteur se déguise. Il prend la forme d’un imprévu, d’un « impondérable », du manque de temps, peut-être même du manque de chance. Il y a beaucoup de raisons de ne pas réussir à écrire.

Lors d’une retraite d’écriture, l’imposteur est démasqué. Il n’y a aucune raison de ne pas écrire, de ne pas produire de texte puisque tout est organisé pour cela.
Alors c’est l’occasion de s’asseoir à coté de son imposteur et, laissant de coté toute l’amertume que l’on peut ressentir face au fait de ne pas avancer sur son projet, de le rencontrer, de lui demander ce qu’il a à nous dire et de l’écouter.

Mon imposteur à moi est anxieux. Il a peur de manquer de ressources financières (un comble pour quelqu’un qui écrit des livres sur l’argent !). Et effectivement, il faut bien reconnaître qu’à moins de s’appeler J.K Rowling ou Joël Dicker, la rédaction d’un livre n’est pas en soi un levier de revenus. Et c’est toute la teneur du message de mon imposteur : « ne va pas trop vite, créée des supports de formation, organise des accompagnements, assure-toi d’avoir les moyens de donner de l’ampleur à ton message ».
C’est en l’écoutant que j’ai pu poser sur le papier, avec beaucoup de clarté, les quatre prochaines étapes de développement du projet.

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