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Il était une fois… L’intérêt

Si l’on comprend bien la raison des intérêts sur un emprunt de monnaie centrale à une personne physique (la personne qui vous prête l’argent ne peut pas l’utiliser), la logique échappe lorsqu’il s’agit de banques qui créent de la monnaie d’usage par des mouvements bancaires.

Nous avons vu dans «il était une fois la dette» que l’argent était essentiellement créé par les banques sous forme de prêt à partir de… rien. Pourtant notre inconscient collectif se représente toujours la monnaie comme un bien matériel rare et de valeur et ne s’offusque pas que le prêteur touche une compensation.

Souvent, notre perception cantonne l’impact de l’intérêt au seul emprunteur. Mais réfléchissons un instant. Quelle est la part des intérêts non apparents dans l’économie ? Lorsque j’achète une baguette de pain, je paie en partie les intérêts que le boulanger verse pour rembourser l’achat de sa boutique. Je paie également le leasing de la camionnette du livreur de farine et je paie sans doute les investissements du minotier dans une nouvelle machine. Les entreprises paient des intérêts qu’elles répercutent nécessairement sur leurs prix. Selon les études, les intérêts cumulés représentent 30 à 40 % des prix de vente hors taxes.

L’endettement exponentiel

Puisque la création de la monnaie nécessaire à l’économie passe par l’emprunt, cela conduit fatalement au surendettement. Aujourd’hui, les dettes publiques et privées sont si élevées que les prêteurs redoutent le défaut de paiement. Pour se rassurer et se prémunir d’une nouvelle crise, les banques augmentent leurs frais et les états leurs impôts (la réduction de la dette publique ayant dit-on le pouvoir de «rassurer les marchés»). Accessoirement, ils adoptent aussi des mesures d’austérité et démantèlent les services publics et la protection sociale. Dans l’absolu, on forme moins de profs et d’infirmières pour pouvoir payer des intérêts sur de la création d’argent fictif.

Les intérêts de la dette publique

Quelques économistes se sont délectés à de savants calculs sur la part de l’intérêt dans la dette publique. Je vous renvoie aux travaux passionnants de Muriel Pucci et Bruno Tinel de l’OFCE ou à ceux d’Alain Grandjean, économiste de la fondation Hulot.

Les conclusions sont que la croissance de la dette publique est due, au premier ordre à la capitalisation des intérêts sur la période. Le cumul des intérêts de la dette française depuis 1959 reviendrait à 74 % du PIB de 2011 soit 90 % de la dette. Globalement, les intérêts de la dette publique absorbent la totalité de l’impôt sur le revenu. La plupart des pays sont au même régime.

Prenons un peu de recul…

Nous travaillons pour payer des biens de consommation courants composés à 40 % d’intérêts et pour payer des impôts qui suffisent tout juste à rembourser des intérêts. Lesquels intérêts n’ont pas vraiment de légitimité.

Les entreprises (et les états) sont pris dans une course à la croissance pour pouvoir rembourser leurs emprunts et les intérêts. Ce faisant, ils exploitent les ressources.

D’une certaine façon, notre crise écologique est une crise bancaire. A vrai dire, quand j’ai compris ça, je me suis dit «ah, c’est tout.» Et ça m’a plutôt encouragée.

 

A voir aussi:

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