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La personne source

Les huit principes de la personne source selon Peter Koenig

Lorsqu’un entrepreneur élabore son projet, il devient une source. Qu’il reste seul ou qu’il s’entoure d’une équipe, décline son entreprise en forêt permaculturelle et parte à la conquête du monde, il reste la personne source de son projet… jusqu’à ce qu’il décide de le transmettre. Ce sont là les « intuitions » de Peter Koenig qui a élaboré, empiriquement, les huit principes de la personne source. Il les a ensuite exposés en demandant à son public de questionner le concept pour l’améliorer.

Peter Koenig.

Peter Koenig est une référence sur les questions de croyances autour de l’argent auxquelles il a consacré plusieurs années de sa vie. J’ai eu la chance de le voir lors d’une de ses conférences à Genève sur le thème des nuits principes de la personne source, une approche décrite par le terme générique peterkoenigsystem.

Ce qui me plaît dans cette approche, c’est que Peter Koenig a formalisé des éléments qu’il percevait comme des évidences. C’est à la demande de personnes qui l’entouraient et pour qui la lecture des situations n’était pas si limpide qu’il les a rédigées. Ceci fait, il a présenté son approche avec humilité. Loin des dogmes, il a expressément sollicité son public à questionner, contester, améliorer son approche prouvant ainsi son ouverture à l’enrichissement par l’intelligence collective.

Par la suite, j’ai eu la possibilité de participer à une formation complète sur les huit principes de la personne source et c’est un outil qui m’inspire beaucoup lors de mes accompagnements. En voici les grandes lignes.

Qui est la personne source ?

La personne source est celle qui, la première, va faire un pas pour concrétiser une idée. Ce premier pas peut-être de partager l’idée. Elle entretient un lien unique avec le projet, qu’elle porte littéralement (certains disent « c’est mon bébé »). Elle aimerait par dessus tout que le projet fonctionne.
La personne source est indépendante de la hiérarchie

Que fait la personne source ?

Sa tâche est de définir le prochain pas pour faire avancer le projet. La personne source voit les étapes comme des évidences, elle a une grande clarté sur la marche à suivre. Si on parlait d’un bateau, la personne source serait le capitaine, celui qui connaît le cap. Cela s’apparente à de l’intuition mais les autres, l’intelligence collective, reconnaissent la justesse des décisions de la personne source.

La personne source porte « l’âme » du projet, sa part intangible, son essence, sa couleur.

Dans l’absolu, elle pourrait n’être payée que pour ça, pour indiquer le prochain pas, d’une manière tout à fait détachée de l’opérationnel.

Comment reconnaît-on la personne source ?

Il faut répondre à deux questions

Première question : si – nommer la personne source supputée- part, que deviendrait l’organisation ? La réponse est que les gens n’auraient pas envie de continuer.

Deuxième question : Qui est particulièrement écouté ? (Non, ce n’est pas toujours le directeur ;-).
Les personnes qui participent à un projet sentent inconsciemment la source et veulent connaître son opinion pour s’assurer qu’ils sont dans la bonne direction.

Quelles sont les conditions requises pour que les principes de la personne source soutiennent le projet  ?

Il existe deux conditions pour que les principes de la personne source viennent soutenir un projet et non l’entraver. Ces conditions sont très simples à décrire mais leur mise en oeuvre est souvent plus subtile, complexe et difficile.

Première condition : la personne source se reconnaît et assume ses responsabilités

Cela implique que la personne source prenne sa place et indique les prochains pas, les prochaines étapes qui conduiront à la réussite. En ce sens, la responsabilité de la réussite ou de l’échec du projet lui incombe. Ce constat est indépendant des compétences. La personne source reçoit l’inspiration mais n’a pas forcément elle-même les compétences pour mettre en oeuvre le projet. Elle peut déléguer la création (à des sous-sources) et l’opérationnel (à des exécutants).

Deuxième condition : les autres membres de l’équipe lui laissent la place.

Dans les équipes, on est souvent confronté à des problèmes d’égo, de peurs, de perception de supériorité. Ces différents facteurs peuvent expliquer que la personne source n’ose pas prendre sa place pour ménager les autres. Dans ce cas, un travail en systémique put être pertinent pour comprendre pourquoi il y a une difficulté à prendre sa place dans un groupe .

Quelle est la place des autres membres de l’équipe ?

« Do what I love »

La personne source définit le cadre de jeu, elle tient l’espace. elle va pouvoir déterminer quelles seront les activités pertinentes ou non pour le projet. La personne source porte l’identité, l’esprit, l’ambiance du projet sans que ces éléments soient figés (ils évolueront avec le temps et suivront l’évolution la personne source elle-même).

Pour autant, en restant seul, on limite ipso facto la dimension d’un projet.
La personne source va donc s’entourer de personnes qui sont dans un potager permaculturel, qui ont trouvé la tête d’épingle qui va leur permettre de s’épanouir en contribuant au projet.
Peter Koenig les nomme les « sous-sources ». Elles viennent se réaliser dans le cadre du projet de la source. Pour ce faire elle doivent disposer d’espace, en dehors de leur cahier des charges pour se déployer et devenir des forces de proposition.
Dans une guilde saine, les sous-sources deviennent sources d’une partie du projet et savent mieux que la source les décisions qui doivent être prises sur leur domaine. Par exemple, dans l’élaboration d’une plate-forme web destinée à valoriser des projets durables, un codeur sera la source d’un développement informatique qui servira le projet. Il sera le mieux placé pour prendre des décisions techniques et informatiques.

Les principes de la personne source esquissent des pistes de management bienveillant, mêlant le contrôle par la personne source qui s’assure que la limite du projet est respectée et le lâcher prise pour que la sous-source puisse s’épanouir et disposer de l’espace requis pour sa propre croissance. Si la proposition d’une sous-source n’est pas alignée avec le projet, cette dernière devra s’adapter ou partir.

Les sous-sources ne sont pas constantes. Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes. Elle se succèdent en fonction de l’évolution du projet, en fonction de leur propre croissance personnelle.

Une sous-source qui grandit trop et dépasse le cadre de la structure va être amené à partir car elle va en souffrir. Elle trouvera une autre structure ou en créera une.

Que se passe-t-il en cas de transmission ou de succession ?

C’est la partie de la conférence qui m’a le plus surprise. Jusque là on était dans un discours gentillet:  une personne inspirée, qui s’entoure de personnes compétentes qui s’épanouissent en contribuant au projet. Mais des spécialistes des rachats-fusion moins « fleur bleue » étaient aussi présents dans le panel des intervenants. Ils ont confirmé que leurs observations validaient l’approche de Peter Koenig.

La question qui est posée est : lorsqu’il y a la vente d’une entreprise, on engage un contrat juridique, un financement, éventuellement un actionnariat et des droits de signature. Qu’advient-il de la source, de « l’âme » de l’entreprise ?

La réponse est assez simple. C’est un passage de témoin. Il faut lâcher et prendre.

Dès lors, il peut y avoir beaucoup d’interférences dans le processus.

  • Un père lègue son entreprise au fils mais continue à venir travailler tous les jours. Le fils ne peut pas prendre sa place.
  • Une entreprise qui reste orpheline de sa source et dépérit. On pense à Apple suite au départ de Steve Jobs. Dans ce cas de figure, la personne source reste « habitée » par son projet. Elle en rêve la nuit, ne peut pas passer à autre chose, ça lui « prend la tête ».
  • Une vente « au plus offrant » : en réalité, on en envie que l’entreprise soit reprise par une personne qui garde « l’esprit de la maison ». Dans les ventes d’entreprises, l’argent est rarement le facteur décisif.

La personne source est la seule à savoir à qui elle transmet. Lorsqu’elle le formalise, c’est un acte d’amour, de confiance, qui marque la mémoire des témoins car il suscite une émotion. Parfois la source est transmise à une personne qui n’est pas du tout leader.

Par exemple, un fondateur transmettra la source à son assistante. Le nouveau directeur aura bien du mal à prendre ses nouvelles fonctions. L’assistante sera sollicitée pour répondre à mille et une questions de la part des cadres de l’entreprise.

En cas de fusion d’entreprises, c’est celui qui a eu l’idée de la fusion qui va amener sa culture car il est la source du projet de fusion. Ce qui peut surprendre lorsque c’est le plus petit des deux acteurs.

Les parts d’ombre de la personne source.

La personne source amène sa lumière et ses ombres dans son projet.

Par exemple une relation problématique avec l’argent (ce que je rencontre très fréquemment dans l’accompagnement de projets durables ou régénératifs). Ou une mauvaise habitude de travailler jusqu’à épuisement qui infusera dans la conduite des équipes.

Une source copiée fonctionnera mal, rencontrera des problèmes du même ordre (vol d’idées) dans une déroulement du projet.

Etre source demande une certaine force. Prendre le risque d’être rejeté parce qu’on a la fermeté de tenir un cadre. La personne source doit s’autoriser à être un dictateur (celui qui dicte les choses) au service d’un projet (et non au service de son ego). Cela peut faire appel à une certaine autorité face à certains projets qui sont très freinés par le souci de mettre tout le monde d’accord. La personne source a la légitimité de dire avec une tranquille assurance, « j’irai jusqu’au bout du projet, avec ou sans vous ».

 

Blooming companies vous accompagne pour gérer vos finances personnelles et vos projets entrepreneuriaux de manière durable en appliquant les principes de la permaculture. La permaculture est une méthodologie éthique de conception de systèmes inspirés de la nature.
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