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« Erika, mon amour » - Episode 3

« Erika, mon amour » – Episode 3

J’ai 42 ans, je vis en Suisse francophone. Je suis entrepreneur c’est-à-dire que je crée de la valeur. Je n’ai pas beaucoup de foi dans la politique parce que je vois qu’au final c’est l’économie qui mène le monde, même si cela n’a, à mes yeux, aucun sens. J’aime les gens. Je regarde ceux qui osent changer le monde autour d’eux, «leur monde», avec beaucoup d’admiration.

Quelques années plus tard, les oiseaux étaient revenus, les milliers de mains qui avaient contribué à démazouter les côtes ont été plus efficaces que les interminables procédures judiciaires (qui ont néanmoins fait jurisprudence en reconnaissant un «dommage à la nature»). Total a payé une somme symbolique au regard du préjudice réel. Les ostréiculteurs et les acteurs du tourisme qui ont été victimes des conséquences économiques de la marée noire se sont remis ou ont changé d’activité, des ingénieurs ont développé de nouvelles technologies pour limiter les dégâts en cas de marée noire. En quelques années, l’océan a «cicatrisé». Quelle incroyable chance d’avoir de ce privilège de pouvoir apprendre et nous améliorer.

La catastrophe n’a pas ému les affréteurs de cargo au point qu’ils deviennent prudents puisque 2 ans plus tard, au large de la Galice, le Prestige démontrait que n’avions pas suffisamment appris.

Erika m’a fait comprendre que l’enjeu du 21e siècle serait de réinventer le fonctionnement de l’espèce humaine pour qu’elle s’intègre à son écosystème. J’ai mis un moment à comprendre comment et à admettre que je pouvais y contribuer.

On me dit souvent que je vois les choses à l’envers. C’est pour moi une évidence que l’économie peut soigner les questions environnementales à l’instant même où elle y verra son profit. C’est pour moi une évidence que des systèmes pérennes, basés sur le renouvellement des ressources offrent des marges et une durabilité beaucoup plus intéressantes que l’économie «traditionnelle».

Alors plutôt que de me fâcher contre l’argent, le capitalisme, je préfère l’utiliser. Rétablir l’individu au sein de la société, lui faire prendre conscience de son pouvoir, lui apprendre à utiliser l’outil argent pour autre chose que nourrir son égo ou chercher à se rassurer et avec constance, régénérer, restaurer.

Se distancer des entreprises qui n’ont plus de valeurs et qui courent, comme des poulets sans tête, d’un profit à un autre. Établir des individus conscients, responsables pour qu’ils puissent prendre les commandes vers un avenir plus serein, plus simple, qui sera un réceptacle sain pour les milliers d’innovations engagées par les nouvelles technologies.

J’ai gardé une grande foi dans le progrès (même si je ne suis toujours pas très à l’aise sur les réseaux sociaux). Je suis grisée et fière de vivre à notre époque. Nous sommes les témoins de mouvements de fonds d’une incroyable puissance. L’être humain, en tant qu’espèce animale, a le potentiel de devenir une formidable opportunité d’évolution pour la planète. Entre l’opportunité et le désastre, je mesure à peine quelques centimètres… de conscience.

Alors voilà. Pour conclure, je ne suis pas survivationniste et les lombrics sur le balcon sont une expérience parmi des milliers d’autres pour me rapprocher de ce qui contribuera à cette régénération de nous-mêmes, de nos communautés, de la terre.

Les épisode précédents :
« Erika, mon amour » – Épisode 1

« Erika, mon amour » – Épisode 2

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